Dissolution de l’IESH : la République s’emmêle, la monarchie aurait clarifié
Dissolution de l’IESH : la République s’emmêle, la monarchie aurait clarifié
Le gouvernement vient de dissoudre l’Institut européen des sciences humaines, accusé d’être trop proche des Frères musulmans. C’est un geste fort en apparence, mais il révèle surtout une faiblesse : la République n’a jamais su encadrer l’islam. Depuis cinquante ans, elle a laissé se développer sur son sol une religion qu’elle avait elle-même importée, puis elle s’étonne de ne plus en maîtriser les formes.
Car il faut le rappeler : si des centaines de milliers de musulmans sont arrivés en France, c’est d’abord parce que la République en avait besoin. Dans les années 1960-70, l’État a fait appel à une main-d’œuvre venue d’Algérie, du Maroc, de Tunisie, de Turquie. Ces travailleurs, on les voulait pour les mines, les usines, les chantiers. Mais on n’avait pas réfléchi à ce que cela impliquait : des familles, des enfants, une foi. Résultat : on a accueilli l’immigration, mais on a laissé la religion s’organiser seule.
La laïcité de 1905, brandie comme un bouclier, s’est révélée un vide. Les églises catholiques avaient leur histoire, les temples protestants leur tradition, les synagogues leurs réseaux ; l’islam, lui, est resté sans cadre. L’État a préféré détourner le regard. Ce sont donc les financements étrangers qui ont rempli l’espace, du Maroc au Qatar, et les réseaux transnationaux, comme les Frères musulmans, qui ont occupé le terrain. Aujourd’hui, le pouvoir républicain ferme une institution comme l’IESH, mais il ne fait que panser une plaie qu’il a lui-même ouverte.
Imaginons une monarchie constitutionnelle dans ce contexte. Elle n’aurait pas laissé les choses dériver ainsi. Fidèle à l’esprit gallican, le roi aurait assumé d’encadrer les religions, comme ses prédécesseurs encadraient jadis l’Église de France. Loin de bannir l’islam, il l’aurait reconnu et intégré dans un système clair : imams formés en France, financés par l’État, contrôlés par la nation. Un Conseil musulman du royaume aurait représenté officiellement le culte, garantissant sa loyauté. Et le message aurait été simple : vous êtes libres de votre foi, mais elle doit être française, inscrite dans notre cadre commun.
Mais au-delà des institutions, une monarchie aurait offert quelque chose que la République ne sait plus donner : un modèle. Non pas un modèle abstrait, mais concret, visible, incarné : celui de la famille chrétienne. Monogamie, égalité de l’homme et de la femme, transmission patrimoniale : autant de repères qui structurent une société et qui servent de boussole. L’intégration, après tout, ne se fait pas seulement dans les textes de loi, mais dans la vie quotidienne, dans l’image que la nation donne d’elle-même.
La République, elle, vacille. Elle a fait venir des musulmans, puis elle s’est mise à soupçonner leur foi. Elle a prêché l’égalité, mais elle a refusé d’affirmer des valeurs communes. Elle a laissé le champ libre aux influences étrangères, puis elle s’indigne des dérives. L’islam en France est devenu un problème parce que la République n’a jamais voulu en faire une solution.
La monarchie, sans doute, aurait été plus claire. Elle aurait dit : la liberté de culte est garantie, mais dans les limites de l’unité nationale. Elle aurait offert aux musulmans une place reconnue, mais encadrée, et un horizon culturel dans lequel s’intégrer. Un peu comme Henri IV, en son temps, avec l’édit de Nantes : pacifier non en niant les différences, mais en leur donnant un cadre.
Dissoudre l’IESH, c’est agir à la marge. Refonder un cadre gallican, c’est penser l’avenir. Et c’est peut-être ce qu’il manque à la République : la stabilité, la durée, la clarté qu’incarne une monarchie.


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